Recyclage du plâtre : l’usine d’Auneuil, dans l’Oise, est entrée en production

Dans l’Oise, une usine conçue pour redonner une seconde vie aux déchets de plâtre du bâtiment tourne désormais. Selon L’Usine Nouvelle, qui en a rendu compte le 2 novembre, Ritleng Revalorisations a mis en service en septembre 2026 son site d’Auneuil, dédié au recyclage des déchets de plâtre issus de la construction. Le projet, porté avec le fabricant Knauf, est présenté comme l’un des plus importants du genre en Europe.

Une usine taillée pour le bassin parisien #

L’installation affiche une capacité annoncée de 150 000 tonnes par an et représente un investissement de 13 millions d’euros, d’après L’Usine Nouvelle. Traces Écrites News, qui avait suivi l’arrivée des premiers volumes de déchets en juin, évoquait pour sa part 14 millions d’euros. L’écart tient sans doute au périmètre retenu, mais l’ordre de grandeur est le même.

Le choix d’Auneuil n’est pas un hasard. Le site se trouve à portée du bassin parisien, premier gisement français de chantiers de construction et de démolition, et donc de déchets de plâtre : chutes de plaques, cloisons démontées, rebuts de pose. Ritleng Revalorisations, PME dont le siège est à Rohr, dans le Bas-Rhin, y applique un savoir-faire rodé en Alsace, où son site historique réceptionne chaque année 50 000 tonnes de plâtre usagé.

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Knauf, Ritleng et HL Développement associés #

Le projet repose sur une coentreprise annoncée en février 2026 entre Knauf, Ritleng Revalorisations et HL Développement. À l’époque, Batiweb rapportait que Ritleng Revalorisations présentait l’unité comme « la plus grande installation autorisée de ce type en Europe », capable de traiter « près d’un tiers du flux de déchets de plâtre de la France ».

La logique industrielle est celle d’une boucle courte. Le gypse recyclé doit alimenter l’usine Knauf de Saint-Soupplets, en Seine-et-Marne, afin de réduire le recours aux matières premières naturelles. Martin Brown, pour Knauf, y voyait « une étape clé dans le déploiement du recyclage industriel du plâtre ». Jean-Luc Ritleng, président de Ritleng Revalorisations, évoquait de son côté des « solutions techniques innovantes » pour un secteur en expansion à l’international, les partenaires étudiant d’autres implantations.

Pourquoi le plâtre est un bon candidat au recyclage #

Le plâtre a une particularité précieuse : le gypse qui le compose peut, en théorie, être recyclé de nombreuses fois sans perdre ses propriétés. Une fois déshydraté, broyé puis réhydraté, il redevient un matériau de construction. Le recyclage industriel consiste à séparer le gypse du papier des plaques et des éventuelles impuretés, pour obtenir une poudre réinjectable dans la fabrication de plaques neuves.

Encore faut-il que les déchets arrivent propres. Le plâtre mélangé à des gravats, du bois ou des isolants devient difficile à valoriser. C’est tout l’enjeu du tri à la source sur les chantiers, avec des bennes dédiées, et de la collecte organisée par les opérateurs de déchets avec lesquels Ritleng Revalorisations passe des contrats pluriannuels.

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Un enjeu de ressources autant que de déchets

Pour les plâtriers, le recyclage n’est pas seulement une réponse réglementaire. Le gypse naturel s’extrait en carrière, et chaque tonne recyclée réintégrée dans le procédé est une tonne de moins à extraire. Sécuriser un approvisionnement en matière secondaire proche des usines de production devient aussi un argument économique face aux contraintes qui pèsent sur l’ouverture ou l’extension des carrières.

Des déchets qui ne doivent plus finir en décharge

Le plâtre pose un problème particulier en installation de stockage : mélangé à des déchets biodégradables, il peut produire du sulfure d’hydrogène, un gaz malodorant et toxique. C’est l’une des raisons pour lesquelles il doit être stocké dans des alvéoles séparées. Chaque tonne détournée vers le recyclage évite donc à la fois une consommation de ressource et une gestion de déchet délicate.

Ce que l’on suivra dans les prochains mois #

La capacité de 150 000 tonnes est un objectif nominal. Le vrai test sera la montée en charge : volume effectivement traité, qualité du gypse produit et part réellement réintégrée dans les plaques fabriquées à Saint-Soupplets. Aucun chiffre de production réelle n’a été publié à ce stade.

Le site d’Auneuil illustre une tendance de fond dans l’industrie des matériaux : rapprocher le recyclage des grands bassins de déchets et des usines utilisatrices, pour que la matière parcoure le moins de kilomètres possible entre le chantier de démolition et la plaque neuve.

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