Depuis le dimanche 1er novembre 2026, l’aire toulonnaise trie autrement. Le bac gris réservé aux emballages plastiques et métalliques disparaît : tous les emballages ménagers et tous les papiers vont désormais dans le bac ou la colonne jaune. Seul le verre garde son circuit à part.
Derrière ce geste simplifié se cache surtout un changement industriel : le syndicat de traitement du territoire dispose enfin de son propre centre de tri, capable d’absorber le flux mélangé.
Plan de l'article
Ce qui change dans les poubelles #
Jusqu’ici, les habitants devaient faire deux tas. Les bouteilles en plastique, les canettes et les boîtes de conserve partaient dans le bac gris, tandis que les papiers et les cartons rejoignaient le bac jaune. Cette séparation tombe.
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Le SITTOMAT, le syndicat de traitement des ordures ménagères de l’aire toulonnaise, résume la nouvelle règle en une phrase : s’il s’agit d’un emballage ménager ou d’un papier, il va dans le bac jaune. Pots de yaourt, barquettes, sachets et films plastiques, briques alimentaires, journaux, prospectus et courriers sont concernés.
Le syndicat rappelle trois gestes pour limiter les refus de tri. Il faut vider les emballages, sans qu’il soit nécessaire de les laver. Il ne faut pas les emboîter les uns dans les autres. Enfin, ils se déposent en vrac, jamais dans un sac fermé.
Tout le plastique n’est pas un emballage
La simplification a ses limites. Un jouet cassé, une bassine, un cintre, un arrosoir ou un tuyau restent exclus du bac jaune, rappelle Var Actu : ce ne sont pas des emballages ménagers. Ces objets relèvent de la déchèterie ou des ordures ménagères selon leur nature.
Les bouteilles, pots et bocaux en verre continuent, eux, de partir dans les colonnes vertes. Le verre se recycle dans une filière qui lui est propre, et le mélanger aux autres matériaux abîmerait les équipements de tri.
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Le Réganas, la pièce industrielle du dispositif #
Cette réforme n’est pas qu’une affaire de communication. Elle est rendue possible par la mise en service du centre de tri Le Réganas, à La Farlède. Selon le SITTOMAT, cet équipement permet au syndicat de devenir autonome pour le tri et de prendre en charge l’ensemble des emballages selon les consignes nationales d’extension du tri.
D’après Info83, qui avait visité le chantier en juin, le projet représente un investissement annoncé de 65 millions d’euros. Sa capacité de traitement doit atteindre 35 000 tonnes de déchets recyclables par an.
Le principe est celui des centres de tri de nouvelle génération. Le flux arrive mélangé, puis des équipements de tri optique séparent les matériaux, certains appuyés par de l’intelligence artificielle selon Info83. Les plastiques, métaux, cartons et papiers sont ensuite regroupés par catégorie avant de rejoindre leurs filières de recyclage.
Pourquoi un flux unique arrange l’usine
Pour l’habitant, un bac au lieu de deux réduit les hésitations, et donc les erreurs. Pour l’exploitant, c’est la machine qui fait la séparation fine que l’on demandait jusqu’ici au geste domestique. La qualité du tri dépend alors moins de la mémoire des consignes et davantage de la performance des lignes.
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Le revers est connu des professionnels du secteur : un flux unique pardonne mal les indésirables. Un sac fermé ou des emballages emboîtés gênent la reconnaissance optique. C’est pour cette raison que le SITTOMAT insiste sur le dépôt en vrac.
Quelles communes sont concernées #
Le SITTOMAT regroupe 44 communes et plus de 640 000 habitants. Var Actu détaille les communes de trois intercommunalités qui basculent dès ce début novembre :
Dans la Métropole Toulon Provence Méditerranée, Toulon, La Seyne-sur-Mer, Six-Fours-les-Plages, Ollioules, Saint-Mandrier-sur-Mer, Le Revest-les-Eaux, La Valette-du-Var, La Garde, Le Pradet, Carqueiranne, Hyères et La Crau sont concernées.
L’agglomération Sud Sainte-Baume suit avec Bandol, Sanary-sur-Mer, Saint-Cyr-sur-Mer, Le Beausset, Le Castellet, La Cadière-d’Azur, Évenos, Signes et Riboux. La Vallée du Gapeau complète la liste avec La Farlède, Solliès-Pont, Solliès-Toucas, Solliès-Ville et Belgentier.
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Que faire de l’ancien bac gris #
Le bac gris dédié aux emballages ne doit plus servir. Attention à ne pas le confondre avec la poubelle des ordures ménagères, qui reste en place. Chaque intercommunalité organise la récupération des anciens bacs, qui seront réutilisés ou recyclés, indique le SITTOMAT.
Dans la Vallée du Gapeau, le retrait était prévu du 28 au 30 octobre pour La Farlède Sud et Solliès-Toucas. Il a lieu du 2 au 6 novembre pour La Farlède Nord. Dans l’agglomération Sud Sainte-Baume, les habitants présentent leur bac gris en même temps que leur bac jaune.
Dans la Métropole, les maisons individuelles suivent les indications des services de collecte, tandis que les résidences collectives voient leurs bacs remplacés progressivement. Les jours de sortie peuvent aussi changer : à Bandol, Sanary ou Saint-Cyr-sur-Mer, le bac jaune passe en collecte hebdomadaire.
Un cas d’école pour l’économie circulaire locale #
L’aire toulonnaise illustre un mouvement plus large : la simplification du geste de tri suit presque toujours un investissement dans l’outil industriel. Sans centre de tri adapté, étendre les consignes reviendrait à envoyer plus de déchets mal séparés vers des installations qui ne savent pas les traiter.
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Avec Le Réganas, le territoire garde la main sur une étape clé de la chaîne du recyclage. Le vrai test viendra des premiers bilans : taux de refus, tonnages collectés en jaune et qualité des balles de matériaux envoyées aux recycleurs. Ce sont ces indicateurs qui diront si le pari du bac unique est gagné.




