Assises du réemploi : l’État veut bâtir une industrie du reconditionnement

Réunis le 14 octobre au ministère de la Transition écologique, quelque 200 acteurs du secteur ont posé les bases d’une filière industrielle du réemploi. Aucune mesure n’est encore décidée, mais une stratégie nationale est annoncée à partir d’un rapport attendu début 2027.

En bref
  • Les assises nationales du réemploi se sont tenues le 14 octobre 2026 au ministère.
  • Le ministre délégué Mathieu Lefèvre veut créer « une véritable industrie du réemploi ».
  • Pistes avancées : un label réemploi et un soutien des éco-organismes au moins égal à celui du recyclage.
  • Un rapport de synthèse est attendu début 2027 pour bâtir une stratégie nationale.

Que s’est-il dit aux assises du réemploi ? #

Ces assises avaient été demandées par Emmanuel Macron lors d’un conseil de planification écologique en mai. Elles ont rassemblé fabricants, distributeurs, reconditionneurs et éco-organismes, rapporte Linfodurable.

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Le message du ministre délégué Mathieu Lefèvre tient en une formule : passer d’initiatives dispersées à « une véritable industrie du réemploi ». Autrement dit, des volumes, des sites, des chaînes logistiques et des modèles économiques capables de rivaliser avec le neuf.

Cinq filières passées au crible #

Le travail ne part pas de zéro. Cinq groupes ont planché de mai à septembre sur les secteurs jugés prioritaires : équipements électriques et électroniques, batteries, ameublement, mobilités et équipements médicaux.

Les marchés en jeu sont déjà significatifs. Dans la téléphonie, qui pèse 1,8 milliard d’euros en France, un smartphone sur cinq est désormais acheté reconditionné. Côté batteries de véhicules électriques, le marché mondial du réemploi est estimé à 4,3 milliards d’euros d’ici 2030, selon Célia Rennesson, fondatrice du réseau Vrac et réemploi, qui animait ce groupe.

Les emballages, maillon faible

À l’inverse, les emballages ménagers restent très loin du compte : leur taux de réemploi plafonne à 1,5 % selon l’Ademe. Certains emballages professionnels affichent en revanche des taux à deux chiffres, d’après la fédération des recycleurs Federrec. La preuve que la logistique de retour fonctionne quand les flux sont maîtrisés.

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Quels freins bloquent l’industrialisation ? #

Les participants ont listé des obstacles bien connus des industriels. D’abord la difficulté d’accéder aux produits à reconditionner, qui conditionne tout le reste de la chaîne. Ensuite la concurrence d’un neuf vendu à bas prix.

S’y ajoutent les coûts logistiques de collecte et de tri, le manque de financement pour monter des ateliers à grande échelle, et la méfiance des consommateurs sur la sécurité et la durabilité des appareils reconditionnés.

Label et éco-organismes : les deux leviers sur la table #

Pour lever le frein de la confiance, le ministre a évoqué une labellisation du réemploi, qui garantirait au client un niveau de contrôle et de qualité.

Le second levier touche au financement : faire en sorte que le réemploi soit « au moins aussi soutenu que le recyclage » par les éco-organismes. Ces structures sont financées par les éco-contributions versées par les entreprises qui mettent les produits sur le marché.

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Ce point rejoint la réforme présentée fin septembre à Nantes. Le gouvernement y alertait sur des éco-contributions d’environ 3 milliards d’euros qui pourraient atteindre 9 à 10 milliards d’ici 2030, et annonçait un pilotage plus serré des éco-organismes, comme l’a détaillé Batiweb. Réorienter une partie de ces sommes vers le réemploi devient donc un enjeu budgétaire autant qu’écologique.

Et maintenant ? #

Le calendrier est fixé : un rapport de synthèse sera remis début 2027 au Conseil national de l’économie circulaire. Il servira de base à une « stratégie nationale de planification du réemploi ».

Pour les industriels, la période qui s’ouvre est celle de la concertation. Ceux qui reconditionnent déjà, ou qui envisagent de reprendre leurs propres produits, ont intérêt à faire entendre leurs contraintes avant que les cahiers des charges des filières ne soient réécrits.

Questions fréquentes #

Des mesures ont-elles été décidées le 14 octobre ?

Non. Le label et le soutien renforcé des éco-organismes sont des pistes, pas des décisions.

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Quelles filières sont prioritaires ?

Les équipements électriques et électroniques, les batteries, l’ameublement, les mobilités et les équipements médicaux.

Quand la stratégie nationale sera-t-elle connue ?

Elle sera construite à partir du rapport attendu début 2027.

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